THE GAME IS ON.

Il y avait des matins comme celui-là où chaque pas qu’elle faisait était lourd et où elle n’avait pas l’impression d’avancer. Elle était en retard, elle le savait mais à quoi bon regarder sa montre. Cela  lui aurait fait perdre du temps, davantage. Et puis relever sa manche dans ce froid, ça non elle n’en avait aucune envie. Ce froid glacial, mordant avait immobilisé son visage et attendait l’opportunité de s’insinuer dans son corps par un bout de peau découvert. Alors elle continuait à marcher et à regarder le sol. Bientôt elle serait à l’abri du vent, avec un peu de chance elle aurait une place assise dans le métro, elle pourra se détendre un peu et se maquiller un peu aussi. Elle savait que le vent avait décoiffé ses cheveux et le froid n’avait pas vraiment aidé. Elle était une enfant du soleil , il la faisait rayonner et donnait vie aux reflets dorés dans ses yeux. 

Pas de chance, elle avait du rester debout pratiquement tout le trajet en espérant et guettant les places disponibles à chaque arrêt.  Impossible de se maquiller ou lire le journal en se tenant à la barre du haut, elle observait les personnes autour d’elle, en essayant d’être discrète. Elle aimait bien s’imaginer leur vie, parfois même elle leur donnait des prénoms, des âges, des professions, des vies… Cela faisait passer le temps. 

Et comme elle l’avait redouté, à chaque arrêt, une ou deux personnes libéraient leurs sièges et leurs places revenaient aux personnes debout à côté d’elle. Elle avait misé sur le mauvais cheval. Pourtant, elle s’était placée devant une petite dame sans valise ( l’aéroport de Heathrow était le terminus) sans livre, et qui avait même gardé son manteau fermé. 

Finalement assise, elle se préparait à relever le défi de se maquiller puis de lire  rapidement son horoscope quelque part dans les dernières pages du journal laissé par un voisin. Son petit rituel de métro. Elle avait 5 à 6 minutes à peine. Son regard s’arrêta sur la publicité en haut en face d’elle. Une plage paradisiaque, une eau turquoise et une accroche “You would be better there”. Cruel mais tellement vrai. Et juste à droite de cette belle image, une autre publicité plus petite, en noir et blanc: “Can you describe 5 people  who left this carriage?” Et encore à côté, toujours en noir et blanc, “If you can, MI6 needs you”. 

TIME TO TALK

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He had insisted on showing her the photograph of his friend’s house, ready after a year or so, of renovating. It was simply another house altogether, according to him.

She was looking absent-mindedly while Mani was flicking through the photos on his phone, looking for the photo in question. All of a sudden, Anita held her breath and frowned. She did see it, it was not just a creation of her imagination. That photo, that smile, that pose, those smiling eyes and that happy face usually so expressionless and neutral. In a split of a second, she had the vision of a Mani she had never seen before. He was sitting on a bench, probably in a public park. On the right of the photo, intertwined ropes similar to those found in play areas on climbing frames with probably a slide on the other side. She had been in such parks with her friend Sandjee and her son but she knew for sure, she had never set foot on that very one.  A little girl was standing there, turning her back. She  was playing on the bench next to Mani. It was at that precise moment that she felt her heart starting to race. She could only stand still. Who took that photo? Who was that smile for?

She could feel, deep inside, that she was touching at something, that she was getting closer to a dangerous and painful reality, that she wouldn’t be able to step back, that she was on the doorstep of a secret that she feared but could not ignore. She wanted the truth. All the truth. She needed it so badly, now, right now. It was stronger that her fear. She raised her eyes to Mani, took a deep breath and then laid her hand on his. 
FRENCH VERSION

Il avait insisté pour lui montrer la photo de la maison de son ami, après des travaux de rénovation qui avaient duré près d’un an. Méconnaissable, d’après lui, tout simplement.

 Elle jetait un regard un peu las, Mani recherchait la photo et en faisait rapidement défiler d’autres sur son téléphone. Soudain, Anita retînt sa respiration et fronça les sourcils. Elle l’avait bien vue, ce n’était pas son imagination qui lui avait joué un tour. Cette photo, ce sourire, cette pose, ces yeux rieurs, ce bonheur sur ce visage habituellement si neutre, si inexpressif. En une fraction de seconde, elle avait vu Mani comme elle ne l’avait jamais vu auparavant. Il était assis sur un banc, peut être dans un parc. Sur la droite de la photo, des cordes entrelacées qui laissaient deviner un jeu d’escalade comme on en voit dans les jardins d’enfants. Il devait y avoir un toboggan à l’autre extrémité de l’installation. Elle en avait fréquenté des parcs comme celui là avec son amie Sandjee et son fils mais ce parc -là, elle ne le connaissait pas et savait qu’elle n’y avait jamais mis les pieds. Une petite fille se tenait debout et tournait le dos à l’objectif, elle semblait jouer sur le banc près de Mani. Et c’est à ce moment là qu’Anita se figea et que son coeur s’emballa. Mais qui avait pris cette photo? A qui ce sourire était il destiné? 

Elle sentait, au fond d’elle, qu’elle touchait quelque chose, qu’elle s’approchait dangereusement d’un réel douloureux, qu’elle ne pourrait plus retourner en arrière, qu’elle était aux portes d’un secret qu’elle craignait mais sur lequel elle ne pouvait plus fermer les yeux. Elle voulait la vérité. Toute la vérité, elle en éprouvait soudain un besoin avide et ardent, plus fort que la peur. Elle leva les yeux vers Mani, prit une inspiration et posa sa main sur la sienne.

BY MY SIDE

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Whisper in my ear

Hold me close

Hold me tight

With your hands

And your eyes

I breathe your words

Watching  your lips

I breathe your voice

Wrapping me warm

I’m ready to go

With you

We walk slowly

We talk gently

It’s a long way to go

No clear path to follow

We make our own way

Through the pain and the rain

Through the fun and the sun

We stop to rest

And stare.

All around us

Beauty and infinity

And inside my heart

Comfort and peace.

Thank you my love

For your vision

And the journey.

A NEW BEGINNING


Les premiers jours furent difficiles. Les matins surtout. Elle supportait mal de se réveiller, seule, de prendre son petit-déjeuner, seule, non elle n’avait aucune envie et aucune raison de se lever. Anita était retournée se coucher plusieurs fois et avait passé des journées entières au lit. On était venu lui rendre visite et lui apporter des plats. Son amie Sandjee s’était montrée réconfortante et positive. Sa soeur avait été plus dure, elle ne la reconnaissait pas et refusait de la voir se laisser aller. La vie continuait et il fallait la suivre au pas. Anita écoutait les conseils et étrangement, il lui semblait que tout cela était irréel. Mani ne l’avait pas quittée, son mariage n’était pas tombé à l’eau et elle poursuivait sa vie comme elle l’avait toujours imaginée. Bientôt, son employeur porta le coup de grâce: il la remercia pour son travail effectué et lui rendit sa liberté.
Son père vint la voir peu de temps après, il la regarda longuement sans rien dire. Elle attendit qu’il parle le premier. Il prit son temps encore un peu avant de lui lancer: il faut que tu ailles le voir, pour t’excuser et bien sûr il faut lui pardonner et oublier. C’est la seule solution.
Vu sous cet angle, cela paressait simple, il suffisait d’accepter, de se courber et de supplier. Non mais quoi encore. Il en était hors de question. Jamais de la vie. “On verra”. Les mots d’Anita mirent un point final à cette discussion douleureuse et à la visite de son père.

Elle allait faire le contraire. Elle l’avait décidé et elle allait commencer immédiatement. Sans perdre de temps. Elle se leva de son lit, ouvrit grand les fenêtres et se dirigea vers la douche. L’eau sur son corps alanguit la redynamisa. Elle la laissa glisser de longues minutes en fermant les yeux et en laissant son esprit s’évader. Elle avait eu ce rêve de se doucher sous des cascades, dans une autre vie. Qu’est-il devenu ce rêve? Elle l’avait simplement rangé et oublié, comme sa robe de mariée.

HIDE AND SEEK

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Oh my word!

I can’t find you

I know how you sound

I know how you look on paper

You keep appearing and disappearing

You’re playing games with me

Nevermind

I’ll find you

I’ll catch you

Later

When you expect it the least

By surprise

I can play too

I’ll make you mine

And forget you

The next minute

When I don’t need you anymore

Don’t be offended

I need you so much

You speak my mind

And express my feelings

So very well

You are always spot on

You see how much I love you

But oh my Lord,

How annoying you can be

When you play me around

And leave me speechless

Oh my beloved word!

DEEP BREATH

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Comme elle respirait ce parfum doux de son enfance, elle sentit son coeur s’ouvrir et ses poumons s’emplir. Son visage se détendit , elle esquissa un sourire. Elle était en territoire connu. Elle était en territoire ami.  Elle pouvait se laisser aller, baisser la garde et arrêter de contrôler la situation. Ce moment était comme suspendu, hors du temps. Émerveillée, elle s’éveillait peu à peu à tous les bruits et aux mouvements autour d’elle.

Comme c’était bon de se sentir à la maison, de revenir là où elle avait connu cette chaleur, ce bonheur de vivre chaque jour légèrement avec le sourire aux lèvres et un souffle de vie toujours renouvelé.

English version

As she was breathing in the soft scent of her childhood, she could feel her heart opening up and her lungs filling up. Her face relaxed; she started to smile. She was in known territory. She was in friendly territory. She allowed herself to let go, let her guard down and stop controlling the situation. That moment was suspended in time. She was fascinated – awakening little by little to each and every sound and movement around her.

It felt so good to feel at home, to come back to the place where she felt nice and warm, and so happy to live lightly with a smile on her face and a new breath of life every day.

TOUCH OF LOVE

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English version

Of my mother, her hands I remember

In my mind, the image so clear and fine

So soft, they would cradle me

So strong, they would carry me

And hold me tight closer to her heart.

I  can see them when I close my eyes

The hands of a mother

That tremble for her child

And that unite for this one and only prayer

To be near her little one

To keep obstacles and dangers away

Always and with all her strength

To fight against all their fears

To help them climb mountains

So they can reach for and touch their dreams

To embark on this great journey

By their side and look at them

So proudly

Their child

Master of their future

Sailing to other horizons

Gentle yet so strong

And ready to live a full life

Taking away and treasuring in their heart

The fragments of happiness

And the love of a mum.

 

 

French version

De ma mère, je me souviens,

De ses mains, comme si c’était hier

Douces, elles me bercaient

Fortes, elles me portaient

Et près de son cœur, me serraient.

Je les revois en fermant les yeux,

Ces mains de mère,

Qui tremblent pour son enfant

Et qui ne font qu’une prière;

Celle d’accompagner son petit,

Loin des obstacles et des dangers

De toutes ses forces,

Ses peurs les chasser,

De l’aider à gravir des montagnes

Pour ses rêves les toucher

De faire ce beau voyage à ses côtés,

Et le regarder,

Si fière,

Son enfant,

Maitre de son avenir,

Vers d’autres horizons partir,

Doux et fort en même temps,

Et prêt à vivre pleinement

Emportant dans son cœur

Ses bribes de bonheur

Et cet amour de maman.