Mind the gap – Fading lights

fading lightsFrench version

Le cliquetis des clés vint interrompre ses souvenirs.

Il était revenu. Mani regrettait d’être parti et de l’avoir quittée, il venait s’excuser et ils allaient pouvoir reprendre leur vie à deux. Elle s’immobilisa et s’aperçut alors qu’en voulant faire du rangement, elle avait mis le salon sens dessus-dessous. Les boîtes, tiroirs et placards lui apparurent comme éventrés. Tout ce qui avait été soigneusement rangé était sorti et éparpillé sur le sol et sur les meubles du salon.

Elle l’entendit avancer dans le couloir, elle l’imagina marcher avant de le voir face à elle dans l’encadrement de la porte. Elle vit les yeux de Mani parcourir la pièce avant de s’arrêter sur elle. Il parla le premier.

“Tu es là”

Etait-ce une question?

Anita répondit: “Oui”

“Ça va?” Il semblait inquiet pour elle. Elle n’était pas sorti de la journée visiblement; ses cheveux étaient ébouriffés et elle était encore en pyjama, pieds nus.

“Je range un peu c’est tout.”

Le silence. Elle espérait qu’il vienne s’asseoir près d’elle, elle voulait oublier l’autre femme et qu’il l’oublie aussi. Elle était prête à l’écouter et à essayer de le comprendre, peut-être même à lui pardonner. Tant qu’il revienne. Qu’il lui revienne.

Elle essaya de lire dans ses yeux.

“Je suis venu chercher mes affaires.” Et il disparu dans le couloir.

Le cliquetis des clés déposés sur le bouffet résonna longtemps dans le silence.

 

English version

The clinking keys awoke her from her day-dreaming.

He was back. Mani felt sorry about leaving her, he came back to apologize and they would resume their life together. She stood still and realized that while trying to tidy the place, she had instead turned the living-room upside down. The boxes, drawers and cupboards looked disemboweled. All the things once carefully placed were now scattered out on the floor and on top of the furniture.

She heard his steps in the corridor. In her mind, she pictured him before actually seeing him there in front of her, standing in the doorway. First, she saw his eyes scanning the room and then focussing on her. He spoke first.

“You’re there”

Was it meant to be a question?

She answered:”Yes.”

“You’re ok?” He sounded concerned for her. She obviously hadn’t  been out all day, her hair was disheveled and she was still in her pyjamas, barefooted.

“Just tidying a bit.”

The silence. She wanted him to come closer and sit down, she wanted to forget that other woman and wanted him to forget her too. She was ready to listen to him and try to understand him, and maybe even to forgive him too. As long as he came back to her.

She wanted to read his eyes.

“I’m taking my stuff.” And he disappeared into the corridor.

The clinking of keys dropping on the cabinet resonated in the silence for a long time.